Archives de l'auteur : Francoise Debrenne

Réflexions sur la conférence de Brigitte Senut

Brigitte Senut, professeur au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.

nous a fait entrer dans le monde très particulier des paléontologues spécialistes de l’histoire de l’Homme. Cette branche, très médiatique, est le lieu de fortes compétitions entre les anthropologues aboutissant à des publications grand public proposant des reconstitutions parfois hâtives des origines comme de l’évolution de l’homme contre lesquelles elle nous a mis en garde. La réalité du métier sur le terrain, comme dans les laboratoires : montre combien il est nécessaire d’être patient et minutieux pour récolter et étudier les restes humains rares, fragmentaires et fragiles. Avec son équipe de terrain elle s’est de plus engagée dans des coopérations avec l’Ouganda, le Kénia et la Namibie. IIs ont établi une étroite collaboration avec les populations locales qu’ils ont formé au travail de terrain. Ils ont créé des musées pour la conservation des fossiles, lieux de transmission des savoirs, faisant ainsi prendre conscience aux locaux de leur patrimoine. Ce sont aussi des  lieux d’échanges pour les scientifiques du monde entier. Pour elle le paléontologue est un citoyen du monde ambassadeur de la science dont le devoir est de transmettre son savoir.

 

5 décembre 2012 : Patrimoine géologique national (de l’inventaire au géotourisme)

par Patrick de Wever Professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle Paris

 

La notion de patrimoine naturel est de plus en plus familière, pourtant celle qui concerne les géosciences reste bien en deçà des sciences du vivant. Il semble y avoir une fracture entre géosciences et citoyens. Néanmoins l’intérêt pour le patrimoine géologique (in situ et ex situ), « explose », en France comme il l’a fait à l’étranger, une nouvelle revue internationale vient de voir le jour en 2009 (GEOHERITAGE éditée par Springer).

On sait ce qu’est le patrimoine familial, la signification du patrimoine scientifique reste un peu moins bien circonscrite, aussi mérite-elle d’être précisée (en termes de valeurs esthétiques, historique, marchande …).

Le patrimoine géologique associe le terrain et les collections (universitaires ou muséales). L’approche raisonnée commence par des inventaires qui permettent une sélection, à la fois des objets et de éventuels procédés de conservation. Cet inventaire sera à la disposition du public afin d’éviter que des objets ou sites de valeur soient détruits par ignorance. Ensuite peut être envisagée la valorisation (scientifique ou pédagogique ou géotouristique) et éventuellement la protection.

 

28 novembre 2012 : Jules Verne et le fantastique

Par Philippe Scheinhardt docteur en littérature et professeur-documentaliste. Médiathèque Lycée J.B.Corot Savigny sur Orge

Derrière la trompeuse simplicité du sujet, c’est bel et bien un vrai paradoxe que nous voudrions questionner à propos du célèbre romancier des Voyages extraordinaires, puisque le contrat éditorial du programme encyclopédique d’un tour du monde en quatre-vingt volumes s’adapte mal avec un genre qui s’appuie plutôt sur des formes brèves, le conte, la nouvelle, pour explorer les frontières entre le réel el le surnaturel. La question est donc bel et bien : y-a-t-il un fantastique vernien ? Question à tiroirs, sans doute, qui demande une réponse nuancée d’abord vis-a-vis de la réflexion très débattue sur le genre fantastique. Mais l’interprétation de l’oeuvre elle-même s’oppose à l’application de schémas trop théoriques ! Jules Verne a exploré plusieurs facettes de ce genre soit par le biais de ces machines imaginaires à la limite de la création, monstres à la croisée des chemins de l’homme et de la nature, tel le Nautilus. Mais l’écrivain « tératologue » s’aventure aussi plus nettement sur les chemins nocturnes de ses inspirateurs, ici le gothique, là le fantastique empreint à la fois des croyances superstitieuses et des failles de la connaissance scientifique. Quelques romans, des personnages quelque peu mystérieux nous amènerons aux portes de ce discours de l’incertain si différent du positivisme prôné par son éditeur Hetzel.

 

14 novembre 2012 : La fin du Monde est-elle bien prévue pour le 21 décembre 2012 ?

Le 14 novembre par Jérôme Perez professeur à l’ENSTA-PARISTECH chercheur associé à l’Institut d’Astrophysique de Paris, membre du comité scientifique du festival international d’astronomie de Fleurance.

Le thème d’une fin du monde prochaine est récurrent, mais le 21 décembre 2012 est particulièrement médiatisé : un film à gros budget, un engouement dans de nombreux pays, mais surtout une importante argumentation pseudo-scientifique (calendriers mayas, alignements planétaires et/ou galactiques, crises solaires, etc.). Avec tant de perches tendues, il était facile et intéressant de s’interroger sur ces arguments, mais aussi sur la physique d’une fin du monde. La conférence reprendra des points avancés par les partisans de cette fin du monde 2012, et rappellera ce qui se serait déroulé il y a 65 millions d’années, quand ce fut la fin du monde, mais pour les dinosaures.